Analyse des résultats du premier trimestre 2021

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Le premier trimestre 2021 est marqué par une période évidemment difficile pour l’accès aux soins en général. Si les deux premiers mois de l’année ont vu la qualité de l’accès aux soins comme le nombre de nos répondants progresser, le mois de mars s’est montré plus compliqué, notamment en raison des restrictions sanitaires successivement mises en place.

Pour la première fois dans nos mesures, malgré tout, nous atteignons à l’échelle nationale un taux de 60,8 % de personnes soignées. Avec 5 683 questionnaires recueillis, soit 1 300 de plus qu’au trimestre précédent, nous nous réjouissons de cet intérêt croissant pour le questionnaire Handifaction et remercions chacun des répondants pour leur participation à notre outil qui s’inscrit pleinement dans son but de démocratie sanitaire.

Chacune des régions a vu son nombre de répondants progresser. Comme l’on a pu le voir par le passé sur certains départements, cette augmentation s’accompagne d’une augmentation de leur taux d’accès aux soins. Ce lien entre nombre de répondants et qualité de l'accès aux soins montre une implication toujours plus importante des régions dans l’amélioration de l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap. Cela est notamment permis par des départements moteurs, qui montrent l'exemple dans chaque région.

Malgré une période toujours particulièrement difficile, les progrès dans l’accès aux soins continuent de se faire ressentir. Tous les acteurs du soin et de l’accompagnement ont témoigné d’un engagement marqué concernant les soins liés à la Covid-19, qui représentent désormais plus d’un acte de soin sur 5, et qui ont pu être correctement effectués à hauteur de 70,5 % (contre 52,1 % au trimestre précédent). Les médecins généralistes restent de plus en première ligne avec plus de 35 % des actes de soin.

On peut également noter que la crise n’a pas fait faillir le bon taux de soin des personnes vivant avec un handicap en établissement social ou médico-social, et c’est dans le milieu ordinaire, parmi les personnes vivant seules ou en famille, que le manque d’accès aux soins s’est fait le plus cruellement ressentir.

En ce qui concerne la globalité de la population, nous pouvons remarquer une nette amélioration du taux d’abandons de recherche de soin (qui passe de 25,4 % à 22,5 %) malgré un taux de refus de soin stable (qui passe de 18,8 % à 18,7 %). Un progrès se fait néanmoins attendre dans la conjugaison du soin et de l’accompagnement, puisqu’un abandon de soins sur 2 est dû à un défaut d’accompagnement.

Chaque catégorie de soignant a progressé dans son acceptation de l’accompagnement et dans les explications données sur les soins, ce qui constitue une amélioration fondamentale pour les personnes vivant avec un handicap pour lesquelles c’est un souhait majeur et récurrent.

Seule la prise en compte de la douleur continue de baisser (à 26,8 %, contre 27,6 % au trimestre précédent), surtout pour les personnes vivant avec des handicaps intellectuels, cognitifs et psychiques. Ces personnes se révèlent être délaissées et ont toujours beaucoup de mal à se faire soigner et ce quel que soit le type de soignant et les différents lieux de soins considérés.

Nous vous donnons rendez-vous en juillet prochain pour la publication de nos résultats du deuxième trimestre 2021.

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Les différents types de refus de soins des personnes vivant avec un handicap

Le refus de soin pour les personnes en situation de handicap peut prendre plusieurs formes. Légalement, nul ne peut refuser l’accès aux soins à une personne, qui plus est pour des motifs discriminatoires liés à son handicap. Certes, il existe des cas particuliers pour lesquels une justification juridique est possible : trop de patients en attente, violences et menaces, distances pour les libéraux qui se déplacent... Ces cas isolés n’altèrent en rien la volonté commune, celle du respect de la déontologie assurant à chaque individu un accès total au système de santé.

La matérialisation du refus de soin

Dans la loi, un handicap est notifié clairement comme ne pouvant entrainer un refus de soins, au même titre que l’orientation sexuelle, l’âge ou encore les opinions politiques. Dans les faits, on constate pourtant des entorses à cette règle. De manière plus ou moins latente, pas toujours exprimée clairement, des praticiens peuvent être tentés de ne pas s’occuper de patients.

Un exemple ? Le praticien peut réorienter à plusieurs reprises le patient en situation de handicap vers un autre confrère, sans raison concrète ni justification. Ce cas de figure est encore assez commun en ville, avec des cabinets fortement fréquentés sans besoin de nouveaux patients.

Le refus de soigner peut également prendre la forme d’un rendez-vous programmé dans des délais exceptionnellement longs, afin de décourager la personne ainsi discriminée. Dans le même esprit, on peut se voir proposer des rendez-vous inhabituels, à des moments de la journée que l’on qualifiera de plus exigeants, très tôt ou très tard. Dans les cas les plus graves, le praticien peut tout simplement refuser le rendez-vous, sans délais ni motifs viables. L’absence de rappel téléphonique après plusieurs messages peut également constituer une matérialisation de cette absence d’assistance médicale.

Les principaux motifs du refus de soins aux personnes vivant avec un handicap

La récente étude menée avec l’Assurance Maladie évoque les motifs les plus fréquents de ce rejet. « On n’a pas voulu de moi ! » est la terrible réponse exprimée majoritairement. On peut parler ici de refus direct, évidemment interdit par la loi sans motif valable.

Ensuite, on retrouve les délais d’obtention d’un rendez-vous, supérieurs à 6 mois.  Puis, viennent les raisons économiques, avec des soins annoncés comme trop coûteux pour réduire à néant la volonté de se soigner. Par ailleurs, de nombreuses personnes interrogées sont incapables de déterminer le motif exact du refus : on évoque un lieu fermé ou une raison inconnue... Enfin, de manière assez inexplicable en 2021, l’accessibilité du lieu est une raison mentionnée, malgré les recommandations et lois actuellement en vigueur.

Parmi les professions les plus mises en cause, on trouve les médecins spécialistes basés en ville (ophtalmologues, dentistes…). Les hôpitaux et les soins à domicile, bien que cités, apparaissent dans de plus faibles proportions. Rien d’étonnant donc que 41% des personnes interrogées aient reçu leurs soins dans des établissement hospitaliers. Malgré des avancées, il reste encore du travail pour que la Charte Romain Jacob soit parfaitement acceptée et appliquée par tous.

Pour aider dans notre action d’accès aux soins aux personnes handicapées, participez à notre questionnaire pour impliquer les personnes handicapées dans la défense de leurs intérêts et améliorer la collecte de données.

 

Sources utilisées :
https://www.ameli.fr/medecin/actualites/parcours-de-soins-les-personnes-en-situation-de-handicap-temoignent-de-leurs-difficultes
https://www.complementaire-sante-solidaire.gouv.fr/fichier-utilisateur/fichiers/fiche-refussoins-num-21_09_18_0.pdf
https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/discriminations-soins

Le droit d’accès aux soins pour les personnes vivant avec un handicap

Depuis de nombreuses années, l’accès aux soins des personnes en situation de handicap constitue un enjeu majeur pour le secteur médical. Sujet récurrent, il n’en reste pas moins sensible et complexe. Ministère après ministère, chacun essaie d’apporter sa pierre à un édifice pour l’accès aux soins des handicapés mais cela reste encore instable. En effet, même si des améliorations ont déjà eu lieu, la réalité du terrain laisse encore apparaître des différences sensibles avec les parcours de soins classiques.

Qu’est-ce que le droit d’accès aux soins des personnes handicapées ?

Dans la loi française, nul ne peut faire l’objet d’une discrimination dans le cadre de la prévention et de la réalisation des soins médicaux. L’accès aux soins des handicapés est un droit établi législativement, que ce soit pour les personnes en difficultés économiques ou physiques. Obtenir des rendez-vous, pouvoir se soigner décemment, être accueilli de manière convenable… Tout ceci n’est pas un privilège, mais une mission que la société s’est confiée. Pour chaque patient, l’accès aux soins est un droit fondamental, au même titre que le respect de la dignité, la liberté de choisir son praticien ou encore le secret médical.

Accéder à une qualité de soins standard est un enjeu majeur pour les personnes vivant avec un handicap. Plus que pour tout autre, il est vital de bénéficier d’un niveau et d’une fréquence de soins adaptés à leur handicap. Se rendre à des rendez-vous peut s’avérer déjà assez contraignant, inutile que les acteurs du système médical les freinent dans leur volonté de se soigner. Le taux de mortalité des personnes en situation de handicap est plus élevé, les pathologies plus nombreuses : pour que la solidarité d’état fonctionne, chacun doit faire les efforts nécessaires. Aux praticiens, il est donc demandé d’accorder à tous les mêmes chances dans le parcours de soins.

Renforcer l’accès aux soins aux handicapés et à la prévention, une démarche permanente

Favoriser l’accès aux soins pour les personnes handicapées a un impact direct sur leur qualité de vie. Régulièrement, les élus et associations doivent intervenir pour faire avancer la situation. Un axe de travail se distingue particulièrement : aujourd’hui encore, l’obtention d’un rendez-vous avec un spécialiste est compliquée, notamment en centre-ville. Sans vouloir stigmatiser, on sait par exemple que les rendez-vous dentaire ou dans un cabinet d’ophtalmologie sont assez compliqués à obtenir. Aujourd’hui, le recours à l’hôpital publique est donc massivement utilisé pour combler ce manque. Cette situation n’est pas acceptable, notamment aujourd’hui en période de Covid. Elle sature les hôpitaux et complique le parcours de soins.

A ce titre, une initiative nommée forfait santé est expérimentée depuis juillet 2020. L’idée est de donner aux établissements médicaux-sociaux des fonds couvrant les dépenses parallèles à l’accompagnement des patients vivant avec un handicap. L’objectif est qu’il soit encore possible de se soigner en centre-ville. Mené par le Ministère à l’époque dirigé par Agnès Buzyn, l’idée directrice consistait à revoir le périmètre de soins des établissements et services médico-sociaux pour les personnes handicapées. Résultats dans quelques mois !

Pour aider dans notre action d’accès aux soins aux personnes handicapées, participez à l’enquête Handifaction pour impliquer les personnes handicapées dans la défense de leurs intérêts et améliorer la collecte de données.

Sources utilisées :
https://www.lemediasocial.fr/esms-pour-personnes-handicapees-un-forfait-sante-experimente_geo4jH
https://handicap.gouv.fr/presse/communiques-de-presse/article/agnes-buzyn-et-sophie-cluzel-prevoient-la-mise-en-oeuvre-des-2020-de-mesures

Analyse des résultats du quatrième trimestre 2020

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Pour introduire l’analyse de ce quatrième trimestre 2020, il est important de signaler que pour la première fois il ressort du baromètre handifaction un taux de personnes soignées qui dépasse les 58 %.

 

Taux de soin effectué: 55,9% au premier trimestre,57,7% au deuxième, 56,8% au troisième et 58,1% au quatrième

Cette amélioration est accompagnée aussi d’une baisse du nombre de refus (18,8 % contre 22,2 % au trimestre dernier).

Taux de refus de soin: 19,9% au premier trimestre,17,7% au deuxième, 22,2% au troisième et 18,8% au quatrième

 

En revanche, si le refus de soin est en diminution, celui-ci reste important chez les généralistes (24 %), et même très important chez les spécialistes (33,8 %) et au niveau des services hospitaliers (23,6 %).

On notera une légère augmentation des refus de soin au niveau des services d’urgence.

Les lieux de refus sont répartis comme suit :33,8% chez les spécialistes, 24% chez les généralistes, 23,6% dans les services d'hôpitaux, 8,4 % en maison de santé de proximité et 6,2% aux urgences des hôpitaux

 

Dans cette période difficile, la demande s’est portée principalement sur les soins liés à la Covid-19 (17,4%), aux soins du handicap (16,2%), aux soins habituels (14,9%) et pour une maladie connue (14,3%).

Pour les types de soins effectués, il y'avait : 17,4% de soins liés à la Covid, 16,2% de soins liés au handicap, 14,9% de soins habituels, 14,3% de soins pour une maladie connue, 7,9% de soins pour une maladie des autres parties du corps , 6,4 % de soins psychologiques ou psychiatriques , 6% de soins des dents, 5,5% des soins urgents et 4,6% de rééducation

 

Ce dernier trimestre a été marqué par un taux très élevé d’abandon de recherche d’un soignant (25,4 %). Afin d’approfondir l’étude de ce problème, nous avons réintégré une question concernant les raisons de ces abandons, que nous avions déjà testé et que nous proposons désormais avec de nouvelles réponses possibles. Ainsi, depuis le 30 novembre dernier, les raisons majeures de ces abandons sont :

  • Je n’ai plus envie de me soigner car c’est trop difficile (26,4 %) ;
  • Je n’ai pas trouvé d’accompagnement (43,7 % cumulés) ;
  • Je n’ai pas trouvé de soignant qui m’accepte (23,3 %).

 

Si la situation générale s’est améliorée, elle reste particulièrement difficile pour les personnes vivant avec un handicap psychique, cognitif et intellectuel.

On notera aussi que dans les soins abandonnés, les soins de rééducation sont en augmentation (22,5 % contre 18,7 % au trimestre dernier) faute d’accompagnement et de professionnels disponibles.

On constate, que les tests pour le dépistage de la Covid-19 ont été réalisés à 65 % dans les centres hospitaliers. Les personnes positives à la Covid-19 ont été soignées à 45 % en établissement, 37 % à domicile et 17 % à l’hôpital.

Sur le plan qualitatif, on notera à l’échelon national une bonne progression de l’acceptation de l’accompagnement (77,7 % contre 72,8 % au trimestre dernier)) et un taux de réponse aux questions presque égal à 50 %.

Cependant, la prise en compte de la douleur reste à un niveau bas. En effet moins de 30 % des personnes vivant avec un handicap estiment que les soignants ont tenu compte de leur douleur.

L’accueil des personnes vivant avec handicap aux urgences a été bien noté au cours de ce trimestre, surtout en ce qui concerne les tests ou les soins liés à la Covid-19.

Carte de France du taux de soin par département du dernier trimestre de 2020

 

Tous les départements qui ont progressé dans le nombre de répondants au questionnaire ont vu leur taux de personnes soignées dépasser les 50 %. Cette augmentation est visible dans au moins 35 départements.

Analyse des données des soins liés à la Covid-19.

Le baromètre Handifaction s’engage depuis mars dernier dans l’étude de l’impact de la pandémie de Covid-19 dans l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap.

La situation rend cet accès aux soins compliqué pour chacun d’entre nous, et les patients vivant avec un handicap, qu'il soit physique, psychique ou mental, font face à de nombreux obstacles pour accéder aux parcours de soins, sans procédure spécifique d’accès aux tests, sans dispositif d’accompagnement pour les personnes isolées, ou encore sans suivi particulier des malades.

À cet effet, nous avons intégré en septembre dernier le choix de réponse de Soins liés à la Covid-19 dans les questions concernant les soins effectués et les soins refusés ou abandonnés.

Nous vous présentons aujourd’hui une sélection d’analyses des données recueillies entre le 19 septembre et le 30 octobre 2020.

 

24,4 % de demande de soins liés à la Covid-19

Nous pouvons d’abord remarquer que les soins liés à la Covid-19 représentent 24,4 %, ce qui les place directement en première position des demandes de soins. Cette importance est à remettre en perspective de forte croissance de la maladie durant cette période, qui a mené au confinement récent.

 

Pour tous les répondants, 40,5 % de personnes non soignéesPour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 57 % de personnes non soignées

On remarque néanmoins que 57 % des personnes vivant avec un handicap n’ont pas eu la possibilité d’accéder à des soins liés à la Covid-19, se traduisant par des refus ou des abandons de soins. Ce chiffre est nettement supérieur au taux de 40,5 % qui concerne la totalité des répondants et des types de soins demandés.

 

Pour tous les répondants, 23,3 % ont subi un refus de soin, 20,7 % ont abandonné faute de soignantPour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 21,4 % ont subi un refus de soin, 36,4 % ont abandonné faute de soignant

C’est ce que l’on remarque également à travers ces autres chiffres, qui nous montrent que 36,4 % des personnes vivant avec un handicap ont abandonné leur soin faute d’avoir pu trouver un soignant, et que 21,4 % ont subi un refus de la part d’un lieu ou d’un soignant.

 

Pour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 46,3 % ont effectué leurs soins aux urgences, 28,8 % en ville, chez un médecin généraliste, 14,2 % à domicile

Nous pouvons noter que 46,3 % des soins liés à la Covid-19 sont effectués aux urgences, bien loin devant les autres lieux de soins disponibles, confirmant la saturation des services hospitaliers durant cette période, avec une capacité d’accueil en réanimation qui était déjà occupée à plus de 60 % au 30 octobre (selon les données Santé Publique France rapportées par covidtracker.fr).

 

Pour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 32,4 % vivent en milieu ordinaire seuls, 31,2 % vivent en milieu ordinaire dans leur famille, 28,7 % vivent en milieu ordinaire avec un accompagnement médico-social          Pour les personnes ayant pu bénéficier de soins liés à la Covid-19, 37,8 % vivent en milieu ordinaire dans leur famille, 30,9 % vivent en milieu ordinaire seuls, 17,2 % vivent en établissement médico-social, 14,1 % vivent en milieu ordinaire avec un accompagnement médico-social

Il est également intéressant d’observer le profil des répondants ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, dont 92,3 % vivent en milieu ordinaire. Les résidents d’établissements médico-sociaux ont bénéficié d’un meilleur accès aux soins et représentent 17,2 % des personnes ayant pu effectuer leurs soins.

 

Pour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 22,5 % ont un handicap psychique, 20,6 % ont un handicap moteur, 14,2 % ont un handicap intellectuel, 10,9 % ont un handicap auditif          Pour les personnes n'ayant pu trouver de soignant pour des soins liés à la Covid-19, 35,9 % ont un handicap psychique, 18,3 % ont un handicap moteur, 13,2 % ont un handicap intellectuel, 10,6 % ont une maladie invalidante

Toujours parmi ces répondants, on observe que les personnes vivant avec un handicap psychique représentent 35,9 % de celles qui n’ont pas pu effectuer leurs soins, alors qu’ils ne sont que 22,5 % dans l’effectif total de celles ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19.

Ce chiffre souligne la grande discrimination dont souffrent les personnes vivant avec un handicap psychique dans leur parcours de soin, puisque comme le souligne notre étude du dernier trimestre (visible en cliquant ici), s’ils représentent 14,5 % de nos répondants, ils sont 22,3 % de ceux n’ayant pas eu accès aux soins.

 

Pour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 50,6 % ont entre 19 et 45 ans, 26 % ont entre 46 et 65 ans, 10,4 % ont entre 11 et 18 ans          Pour les personnes n'ayant pu trouver de soignant pour des soins liés à la Covid-19, 58,4 % ont entre 19 et 45 ans, 29,5 % ont entre 46 et 65 ans

L’âge est aussi un critère déterminant dans l’accès au soin des personnes vivant avec un handicap, puisque les personnes ayant entre 19 et 45 ans représentent 58,4 % de ceux qui n’ont pu accéder à des soins liés à la Covid-19. On remarque, comme observé dans notre dernière étude, un meilleur accès aux soins pour les personnes ayant moins de 18 ans et celles ayant plus de 66 ans.

 

Pour les personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19, 82,7 % n'ont pas de médecin référentPour les personnes ayant pu bénéficier de soins liés à la Covid-19, 64,2 % n'ont pas de médecin référentPour les personnes n'ayant pu trouver de soignant pour des soins liés à la Covid-19, 96,5 % n'ont pas de médecin référent

Enfin, on ne cesse de remarquer dans les données recueillies par le baromètre Handifaction l’importance cruciale du médecin référent, qui facilite énormément l’accès aux soins. Si seulement 35,8 % des personnes ayant eu besoin de soins liés à la Covid-19 possèdent un médecin référent, 96,5 % des personnes n’ayant pu accéder à ces soins n’en possèdent pas.

 

Handidactique se bat au quotidien pour faire entendre la voix des personnes vivant avec un handicap qui n'ont pas accès aux soins, à travers le baromètre Handifaction. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons aider les plus fragiles à accéder aux soins dans les meilleures conditions. L'épidémie, elle, ne fait pas le tri.

 

Pascal Jacob
Président de Handidactique

Signature de Pascal Jacob

 

Les besoins en soins des personnes vivant avec un handicap.

Préambule.

Pour élaborer cette note, nous avons pris les résultats de deux trimestres afin d’avoir un effectif représentatif (le nombre de répondants est de 15 830 et le nombre de soins demandés et abandonnés est de 19 527).

Ces données nous permettent d’avoir un nombre de soins demandés significatif et ainsi de bien identifier pour chaque soin la qualité de l’accès aux soins.

En 2020, face aux difficultés importantes d’accès aux soins, nous constatons une baisse de la demande de soin (- 35 %) de la part des personnes vivant avec un handicap. Cette baisse se traduit par de très nombreux retards de soin. Pour compenser ce retard, les personnes vivant avec un handicap se sont déplacées aux urgences, ce qui a provoqué une augmentation du taux d’hospitalisation (36,1 %).

Le parcours des soins.

Nous avons réparti les besoins de soin en 3 types de soins :

  • Les soins exceptionnels, incluant :
    • Les soins urgents ;
    • Les soins pour une nouvelle maladie ;
    • Les soins liés à un accident.
  • Les soins courants, incluant :
    • Les soins habituels ;
    • Les soins pour une maladie connue ;
    • Les soins liés au handicap ;
    • Les soins de rééducation ;
    • Les soins psychologiques et psychiatriques.
  • Les soins spécialisés, incluant :
    • Les soins des dents ;
    • Les soins des yeux ;
    • Les soins des maladies des autres parties du corps.

Les soins exceptionnels.

Nous constatons un besoin de soin important lié au Covid-19, surtout pour les soins pour une nouvelle maladie mais aussi pour les soins liés à un accident.

Le taux des soins exceptionnels a fait l’objet d’un accès aux soins plutôt favorable sauf pour les soins liés à une nouvelle maladie.

On notera cependant que les urgences hors coronavirus ont fait l’objet de beaucoup de refus.

Les soins courants.

Les soins courants ont baissé ces derniers mois (- 35 %). Cette baisse est liée à l’impact du Coronavirus et ce malgré une demande de soin très importante.

On notera que les soins liés aux handicaps psychologiques et psychiatriques ont été assez peu apportés aux personnes vivant avec un handicap. Les abandons liés à ces soins ont été très élevés faute de soignants disponibles.

Les soins spécialisés.

Les soins spécialisés ont considérablement baissé compte tenu de la situation provoquée par le Coronavirus.

La majeure partie des personnes vivant avec un handicap ont abandonné leur recherche de soin en attendant de meilleurs horizons.

Les soins apportés pour les maladies des autres parties du corps (gynécologie, dermatologie, gastroentérologie et escarres notamment) ont été fortement abandonnés, et concernent à 70 % les femmes.

Conclusion de l’analyse de ce tableau.

Toutes les ruptures de soins courants et de soins spécialisés sont source de complications pour les personnes vivant avec un handicap et ont pour conséquence de bloquer le système de soin. Il est capital d’installer pour les personnes vivant avec un handicap une continuité des soins permettant ainsi de poursuivre l’éducation à la santé des personnes vivant avec un handicap sans oublier les accompagnants.

Nous constatons que les ruptures de soin pendant pratiquement trois mois, ont provoqué une demande de soins ces dernières semaines à des niveaux supérieurs, notamment en direction des urgences (36,1 % d’hospitalisation après un passage aux urgences).

La fréquentation des services hospitaliers (41 % en 2019) a considérablement baissé pendant le confinement et le déconfinement (25 %) et remonte aujourd’hui à un taux de 35 %.

Les lieux des soins ayant été effectués.

Les soins effectués en ville, chez le généraliste.

Pour les activités en cabinet, à domicile et dans les établissements médico-sociaux, on s’aperçoit que les généralistes ont dû répondre à des demandes de soins courants mais aussi à des soins psychologiques et psychiatriques.

Les soins effectués en ville, chez le spécialiste.

L’activité des spécialistes s’est portée essentiellement sur les soins des yeux et des dents. Concernant les soins de rééducation la réponse a été beaucoup plus mesurée.

Les soins effectués à l’hôpital.

L’hôpital a été particulièrement sollicité pour des soins urgents, pour des soins pour des nouvelles maladies et pour des soins liés à des accidents.

Les sources d’hospitalisation proviennent essentiellement de soin pour des maladies liées au handicap, pour des soins psychologiques et psychiatriques et pour des soins apportés pour une maladie des autres parties du corps.

Les services hospitaliers ont eu à traiter des cas sévères de soins spécialisés et des soins courants.

On notera que les services hospitaliers en médecine physique de rééducation ont accueilli les personnes vivant avec un handicap.

L’HAD doit se positionner dans le parcours de soin des personnes vivant avec un handicap pour amener une continuité des soins dans un contexte approprié et pour éviter les hospitalisations amenant très souvent à un sur-handicap.

Les soins effectués dans les établissements sociaux et médico-sociaux.

Le taux d’accès aux soins est remarquable dans l’ensemble des établissements. Il serait souhaitable que les établissements médico-sociaux renforcent leur action dans le monde ordinaire (à domicile) afin d’apporter des soins de proximité aux personnes vivant avec un handicap.

Les soins effectués en maisons de santé de proximité.

Nous devons faire un effort particulier dans les soins courants et spécialisés de proximité qui représentent 85 % des besoins des personnes vivant avec un handicap.

Conclusion de l’analyse de ce tableau.

Au travers de notre baromètre :

  1. Selon les lieux de soins.

Nous constatons un effort de la part de l’ensemble des acteurs de soin pour tenter de donner une continuité d’accès aux soins pour les personnes vivant avec un handicap.

La baisse de la fréquentation des hôpitaux directement liée à leur activité pour combattre le Coronavirus a laissé un grand nombre de personne sans accès aux soins.

Cependant, un certain nombre d’acteurs, essentiellement des généralistes, ont dû augmenter leur activité pour les personnes vivant avec un handicap afin de répondre à leur demande et de limiter au maximum les abandons de soin.

Leur charge de travail a été soulagée par le développement considérable des soins à distance (télémédecine).

On constate que la fréquentation hospitalière est en augmentation sans atteindre à ce jour le niveau de 2019, ce qui n’est pas souhaitable.

En effet, la demande croissante des soins courants et spécialisés est de plus en plus importante aussi bien en établissement que dans le monde ordinaire.

Pour cela, nous devons mobiliser au plus vite certaines catégories de lieux de soin comme l’HAD et les maisons de soin de proximité.

Concernant l’HAD, l’activité auprès des personnes vivant avec un handicap reste très basse. Il est à noter une satisfaction des personnes vivant avec un handicap quant à cette modalité de prise en charge.

Pour augmenter les soins en HAD, Il nous faut mobiliser les prescripteurs pour trouver une meilleure continuité des soins pour les personnes vivant avec un handicap.

Enfin, les maisons de santé de proximité sont loin d’avoir retrouvé leur activité d’avant le confinement. Nous devons retrouver une meilleure disponibilité des maisons de sante de proximité surtout pour les soins courants et les soins spécialisés.

  1. Selon les lieux de vie.

Un effort considérable a été fait par les établissements sociaux et médico-sociaux pour apporter à leurs résidents la meilleure continuité dans leur accès aux soins.

On notera que 92 % des soins demandés ont été effectifs grâce à la conjugaison des soins à distance, des services hospitaliers et des spécialistes en ville qui ont pu collaborer sans se déplacer dans les établissements.

Dans le monde ordinaire, avec et sans accompagnement médico-social, la situation reste très difficile. Cette situation est due à un manque de moyen de communication permettant la médecine à distance et d’autre part par la difficulté très importante de trouver un soignant pour les soins courants et spécialisés.

Cela pose un véritable problème pour les personnes vivant avec un handicap dans le milieu ordinaire, qui n’ont accès ni aux soins liés à leur handicap, ni aux soins psychologiques et psychiatriques, ni aux soins de rééducation.

  1. Selon l’âge.

Les personnes de 18 ans et moins vivant avec un handicap ont eu moins de ruptures de soin pendant la crise du Coronavirus. En revanche, les personnes majeures restent demandeuses d’un accès aux soins de proximité pour éviter de se rendre dans les services d’urgences. Cette situation est particulièrement sensible pour les personnes entre 46 et 80 ans.

  1. Selon le type de handicap.

Si la situation de l’accès aux soins reste difficile pour l’ensemble des handicaps moteurs et sensoriels, surtout pour des soins spécialisés et courants, nous voyons apparaitre dans les résultats de ces dernières semaines un meilleur accès aux soins.

La situation des personnes vivant avec un handicap mental, psychique, intellectuel et autistique reste particulièrement difficile et font l’objet d’abandons de façon de plus en plus importante et préjudiciable. Les personnes atteintes de plusieurs handicaps en même temps subissent le même sort.

Les personnes vivant avec un polyhandicap et atteintes d’une maladie invalidante ont trop souvent abandonné, faute de soignants disponibles. Pour ces deux catégories de type de handicap, une amélioration se fait sentir au cours des deux dernières semaines.

Conclusion générale.

Depuis le début du déconfinement nous voyons apparaître quotidiennement une croissance du besoin de soins courants et spécialisés.

Tous les lieux de soin auront à faire face à de nombreuses situations complexes directement liées aux ruptures de soins courants.

Nous pensons que la continuité des soins de proximité pratiqués par l’ensemble des acteurs du bassin de vie devrait permettre grâce aux nombreuses découvertes faites pendant la crise sanitaire de faire évoluer les parcours de soin par une prévention, une rééducation et un accompagnement qui éviteront demain les hospitalisations trop fréquentes.

 

Pascal Jacob
Président de Handidactique

 

Vivre accompagné par le médico-social.

Préambule.

Par définition, l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap s’effectue différemment selon les lieux de vie de la personne, en établissement médico-social ou à domicile avec un accompagnement médico-social ; depuis la mi-février les répondants au questionnaire ont pu exprimer leurs perceptions sur cette question. Leurs réponses ont permis de rassembler des données présentées ci-après qui doivent permettre de commencer à approfondir une série de questions :

  • Y a-t-il des différences dans l’accès aux soins selon qu’on soit pris en charge en institution ou à domicile avec un accompagnement médico-social, et y a-t-il notamment des différences dans les conditions respectives d’accès aux soins, en ville (en médecine générale et médecine spécialisée) et à l’hôpital (dans les services d’urgence et les autres services de spécialité), ou à certains types de soins ?
  • Dans chacune de ses deux situations (à résidence ou en établissement), comment expliquer ces conditions, et notamment la place et le rôle du médecin référent, quand il existe ?
  • Comment ont évolué ces conditions d’accès aux soins dans la crise du Covid-19, à travers notamment le développement très rapide de la télémédecine ; peut-on en mesurer l’impact ?

En synthèse, les éléments présentés de manière détaillée ci-après confirment que l’accès aux soins est nettement meilleur lorsque la personne est prise en charge en établissement. Ils laissent supposer que l’écart a eu tendance à augmenter durant la crise, du fait de la meilleure capacité à mettre en place des solutions de télémédecine ; a contrario, les résultats pour l’accès des personnes prises en charge à domicile montrent que la situation n’est pas satisfaisante sur des points essentiels ; à partir de ces éléments doivent être réfléchies et mises en œuvre des actions de progrès.

Questionnaire global.

Période d’étude : du 17 mars au 26 mai, pour 4 003 réponses au questionnaire.

Situation de soin pour chaque lieu de vie.


L’accès aux soins pour les personnes vivant avec un handicap est variable selon le lieu de vie.
Nous constatons que les personnes vivant en établissement médico-social ont un bon accès puisque 88,4 % des répondants ont effectué leurs soins. Aujourd’hui les personnes vivant avec un handicap en établissement représentent 9 % des répondants.
Les réponses aux questionnaires des personnes vivant avec un handicap accompagnées par le médico-social en milieu ordinaire nous démontrent leur très grand besoin d’accompagnement et fait ressortir une véritable fragilité dans leur accès aux soins, car un peu moins de 50 % des personnes ont réussi à effectuer leurs soins depuis le début du confinement.
La proximité de la famille a été bénéfique pour les personnes vivant avec un handicap malgré les difficultés du confinement puisque le nombre de personnes soignées atteint les 51,2 %.
En revanche, nous devons particulièrement penser aux personnes vivant avec un handicap vivant en milieu ordinaire seuls, qui ont des difficultés pour accéder aux soins (39,9 % d’accès aux soins).

Lieu de refus de soin pour chaque lieu de vie.


Pour la population générale, le niveau de refus de soin reste très élevé (21 %) et au-delà des résultats d’avant confinement.
Nous n’avons pas analysé les pourcentages des refus de soin des personnes vivant en établissements médico-sociaux car le nombre de répondant était trop faible, ce qui prouve que les établissements médico-sociaux ont été particulièrement performants.
Nous constatons un nombre de refus très important pour les personnes souvent lourdement handicapées vivant en milieu ordinaire avec un accompagnement médico-social, surtout auprès des services hospitaliers (33,9 %).

Types de soins abandonnés pour chaque lieu de vie.


Le niveau d’abandon de soins de l’ensemble des répondants revient à son niveau d’avant le confinement.
On notera que les soins liés à l’handicap, les soins psychologiques et psychiatriques et la rééducation sont fortement abandonnés, faute d’accès aux soignants disponibles.
Le taux d’abandon des personnes vivant en établissements médico-sociaux ne peut être pris en compte pour cause de nombre de répondants trop faible, ce qui est plutôt une bonne chose.
Les personnes vivant avec un handicap vivant en milieu ordinaire avec un accompagnement médico-social ont énormément abandonné leurs soins liés à l’handicap et à la rééducation faute de soignants disponibles, sont restées trop souvent livrées à elles-mêmes, et compte tenu de l’indisponibilité des services hospitaliers n’ont pas trouvé, d’une part, de guide comme pourraît l’être le médecin traitant, et d’autre part, d’aide à leur introduction à un nouveau soignant par les services médico-sociaux.
Il nous apparaît essentiel de trouver avec le médecin traitant et le médico-social un accompagnement pratique qui évite les ruptures de soins.

Lieu de soin pour chaque lieu de vie.


Comme indiqué dans les dernières notes réalisées, les soins effectués par les généralistes en ville, à domicile, en établissement médico-sociaux et en maison de santé de proximité restent très élevés et totalisent presque 50 %.
Un effort tout particulier a été fait par les généralistes dans les établissements médico-sociaux. Les généralistes se sont déplacés massivement vers le domicile des personnes vivant en milieu ordinaire.
On notera cependant que les déplacements aux urgences des personnes vivant en milieu ordinaire augmentent de manière significative surtout chez les personnes accompagnées par le médico-social (33,2 %). C’est un retour aux anciens réflexes de soins d’avant confinement.

Méthode de soin pour chaque lieu de vie.


Si les trois quarts des personnes vivant avec un handicap ont recours à des soins en présence d’un soignant, on constate que le soin à distance a considérablement augmenté (× 20).
En établissement médico-social, la médecine à distance représente deux tiers des soins. Cette modalité reste faible pour les personnes vivant en milieu ordinaire qui ne disposent pas souvent des équipements nécessaires et de l’accompagnement qui imposent ce type de soin.

Besoin d’accompagnement pour chaque lieu de vie.


En effet, le besoin d’accompagnement est devenu de plus en plus important dans les lieux de vie et particulièrement en établissement médico-social.

Possession d’un médecin référent.


Les personnes vivant avec un handicap restent trop souvent sans médecin référent, ce qui diminue considérablement leur accès aux soins.

Questionnaire lié au déconfinement.

Période d’étude : du 11 mai au 26 mai, pour 620 réponses au questionnaire.

Tests Covid-19 effectués pour chaque lieu de vie.


Les personnes vivant avec un handicap nous ont déclaré à 15 % avoir fait l’objet d’un test au Covid-19. Ce chiffre est doublé pour les personnes vivant en établissement médico-social.

Continuité des soins pour chaque lieu de vie.


En dehors des établissements médico-sociaux qui ont réussi à répondre à la totalité des besoins de soins de leurs résidents à 55 % notamment grâce à la télémédecine, on s’aperçoit que des personnes vivant en milieu ordinaire, même accompagnées par le médico-social, sont restées très démunies face à l’accès aux soins.

Lieu de confinement (si c’est le cas) pour chaque lieu de vie.


On notera par rapport à la population générale que le déconfinement se fait progressivement pour les personnes fragiles, mais progresse plus vite dans le milieu ordinaire.
On constate aussi que les personnes qui n’ont pas été soignées pendant le confinement ont été obligées de faire appel aux services d’urgences des hôpitaux et se retrouvent souvent confinées et isolées dans le cadre de leur hospitalisation.

Conclusion.

Si les chocs causés par la crise sanitaire du Covid-19 ont rendu la vie très difficile pour l’ensemble des professionnels et des personnes vivant avec un handicap, les efforts fait par les établissements médico-sociaux ont permis d’atténuer une baisse de l’accès aux soins, ce qui n’est pas le cas pour les personnes vivant en milieu ordinaire et particulièrement pour les personnes accompagnées par le médico-social à domicile.
Il serait bon d’imaginer que l’action performante des établissements médico-sociaux dans l’accès aux soins puisse servir de guide pour les personnes vivant en milieu ordinaire.
Si l’on dotait les personnes les plus lourdement handicapées d’équipements et d’un accompagnement, elles pourraient avoir accès plus facilement à la médecine à distance.

Pascal Jacob
Président de Handidactique

État des besoins en soins psychologiques et psychiatriques.

Préambule.

Dans l’ensemble, on constate une meilleure prise en compte de l’ensemble des handicaps mentaux. Mais les personnes vivant avec un handicap psychique ont connu une période particulièrement difficile dans l’accompagnement, ce qui a entraîné beaucoup de rupture de soin et de médication. Cela a également engendré le triplement des hospitalisations.
La population des personnes vivant avec un handicap a été particulièrement éprouvée par la crise sanitaire et est devenue très demandeuse d’accompagnement psychologique et psychiatrique. Cela touche tous les handicaps.

Part des besoins de soins psychologiques ou psychiatriques, par type de handicap
(sur les déclarations de handicap unique).


La période de confinement a généré une forte explosion des besoins de soins psychologiques ou psychiatriques pour l’ensemble des handicaps avec une progression très importante pour les personnes atteintes de polyhandicap (+ 532,7 %), de maladies invalidantes (+ 676,5 %), et pour le handicap auditif (+ 433,3 %) et visuel (+ 570,2 %).
Cette demande forte de soins psychologiques et psychiatriques nous montre l’importance que l’on doit donner à l’accompagnement qui peut considérablement rassurer les personnes vivant avec un handicap.
Cet accompagnement a été apporté en partie par les médecins généralistes.

Taux de personnes soignées, par type de handicap.


La période de confinement a créé des bouleversements importants dans l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap.
Si nous pouvons constater une légère augmentation des taux de personnes soignées pour les handicaps intellectuels (+ 4 %) et cognitifs (5,6 %), par contre pour les personnes atteintes du trouble du spectre de l’autisme la période de confinement a déclenché la nécessité d’être vu par un soignant (+ 61,2 %).
A l’inverse, il ressort de cette période de confinement un ralentissement important d’accès aux soins pour les personnes atteintes d’handicap psychique (- 32,6 %).
On notera que le taux de personnes soignées vivant avec un handicap psychique est descendu à 29,2 %.

Taux d’abandon de recherche de soins, par type de handicap.


Durant le confinement, la difficulté d’accès aux soins pour les personnes vivant avec un handicap psychique a eu un impact fort sur les abandons en matière de recherche de soins (+ 41,4 %).

Lieux de vie, par type de handicap (depuis le 17/03).


L’analyse de ce tableau fait ressortir que les personnes vivant avec un handicap psychique habitent majoritairement dans le milieu ordinaire notamment en famille ou seul (59,9 % pour le psychique).
Les personnes ayant un handicap intellectuel, cognitif ou un trouble du spectre de l’autisme vivent majoritairement à domicile en famille.
On notera que les personnes ayant un handicap psychique vivant dans un établissement ou en milieu ordinaire accompagnées par le médico-social sont très faiblement représentées, sachant que presque que 85% des personnes vivant avec un handicap psychique ne sont pratiquement pas accompagnées et vivent en milieu ordinaire.

Taux de refus de soin des personnes vivant avec un handicap psychique.


Les établissements hospitaliers durant les 8 semaines de confinement ont porté leurs efforts sur la prise en charge des personnes atteintes du Covid-19. Il en ressort à l’analyse de ce tableau que le taux de refus à l’hôpital a augmenté fortement au niveau des urgences (+ 94,4 %) pour les personnes se présentant avec un handicap psychique.
Les hospitalisations des personnes avec un handicap psychique ont été multipliées par 3 durant le confinement, et atteignent aujourd’hui 16 % après un passage aux urgences.

Lieux de soins des personnes ayant effectué des soins psychologiques ou psychiatriques.


Pendant la période de confinement, la réponse aux besoins de soins psychologiques et psychiatriques demandés par les personnes vivant avec un handicap, ont été massivement soignées par les médecins généralistes en cabinet et à domicile.
On notera une augmentation de soins psychologiques et psychiatrique moindre dans les établissements sociaux et médico-sociaux.
L’hôpital ayant concentré tous ces efforts pour combattre le coronavirus, il n’a pas pu apporter les soins habituels à ses patients.
Les spécialistes en ville, psychologues et psychiatres ont dû changer de méthodes de soins et utiliser le téléphone et la vidéo

Méthode de soin des personnes ayant effectué des soins psychologiques ou psychiatriques.


Si les modalités de soins habituels en présence du soignant sont restées présentes et majoritaires (76,7 %), nous pouvons nous apercevoir que les personnes vivant avec un handicap psychologique ou psychiatrique ont eu recours à des consultations soit par téléphone (16,3 %), soit par vidéo/visio (7 %) durant la période de confinement.

Prise en charge des personnes ayant effectué des soins psychologiques ou psychiatriques.


Même si le besoin d’accompagnement souhaité par la personne vivant avec un handicap a diminué, il est important de souligner que les soignants ont été attentifs à l’acceptation de l’accompagnement, à l’information donnée et à la prise en compte de la douleur.
Cette qualité dans le soin et le prendre soin a eu comme conséquence de créer un sentiment d’avoir été mieux soigné.

Conclusion.

L’ensemble de la population française a été particulièrement bousculée par l’arrivée du coronavirus et les conséquences qui en ont découlées : notamment lors de la période de confinement, avec l’obligation de respecter les gestes barrières et la peur d’attraper la Covid-19.
Cela a été encore plus vrai pour les personnes vivant avec un handicap sachant que la majeure partie de ces personnes ont été demandeuses d’un accompagnement psychologique et psychiatrique. Cette situation a été particulièrement difficile pour les personnes atteintes d’un handicap psychique vivant en milieu ordinaire et ne trouvant pas toujours de réponse à leur demande de soin et d’accompagnement.

Pascal Jacob
Président de Handidactique

Comparatif des résultats avant/pendant le confinement.

Préambule.

L’analyse du baromètre Handifaction que nous vous présentons s’appuie sur une comparaison entre les 5 654 réponses au questionnaire couvrant la période du 01 janvier au 16 mars 2020 et les 3 182 réponses au questionnaire pendant la période du confinement du 17 mars au 11 mai 2020.
Cette analyse est déclinée à partir de plusieurs variables : la France entière, les régions puis quelques départements.

France entière.

Tableau d'analyse de la France entière
Sur les résultats concernant la « France entière », on constate une baisse importante du taux de fréquentation de l’hôpital qui passe de 40,9% à 26,7%. A contrario, le taux de soins effectués par le généraliste a augmenté et est passé de 35,1% à 53,9%.
Nous pouvons souligner aussi que le taux de prise en compte de la douleur est en augmentation depuis le confinement, puisqu’il passe de 46,8% à 52,8%.
La situation liée au Covid-19 a eu un impact sur l’acceptation des accompagnants. En effet, on constate une diminution du taux d’acceptation de l’accompagnement qui passe de 73,8% à 63,7% dans les différents lieux de soins.
Le taux de personnes soignées a sensiblement baissé (environ 12 %).

Région Grand Est.

Tableau d'analyse de la région Grand Est
Le taux de fréquentation de l’hôpital reste stable, par contre on remarquera une augmentation du taux de fréquentation chez le généraliste qui passe de 43,8 % à 53,8 %.
Il est à noter une diminution importante du taux d’acceptation de l’accompagnement qui passe de 80,5 % à 60,8 %.
Les personnes vivant avec un handicap se sont mobilisées pour trouver un soignant après un refus, on constate que le taux de recherche d’un soignant après un refus est passé de 4,3 % à 8,6 %.
Enfin, la région Grand Est a eu une baisse de personnes soignées moins élevée que le national malgré les importantes difficultés d’accès aux soins liées au Covid-19.

Région Nouvelle-Aquitaine.

Tableau d'analyse de la région Nouvelle-Aquitaine
Comme pour le Grand Est, les généralistes ont vu leur activité augmentée dans des proportions importantes, en effet le taux de fréquentation de soins effectués par le généraliste est passé de 32,1 % à 49,1 %.
On remarquera aussi que le taux de recherche d’un soignant après un refus a augmenté pour passer de 6,2 % à 11,2 %.

Région Auvergne Rhône-Alpes.

Tableau d'analyse de la région Auvergne-Rhône Alpes
Trois éléments ressortent de l’analyse concernant la région Auvergne Rhône-Alpes.
En premier lieu, nous constatons une baisse significative de la fréquentation de l’hôpital qui passe d’un taux de 46,6 % à 31,3 %.
Deuxièmement, on remarque que les personnes vivant avec un handicap se sont orientées vers les généralistes pour réaliser leur(s) soin(s), puisque le taux de soins effectués par les généralistes augmente de 27,5 % à 44,8 %.
Pour conclure, le taux de prise en compte de la douleur est en forte augmentation puisqu’il passe de 33 % à 54,2 %.
Partie de plus bas dans le pourcentage des personnes soignées la région Auvergne Rhône-Alpes a vu son pourcentage de personnes soignées diminuer à hauteur de la moyenne nationale.

Région Bourgogne-Franche-Comté.

Tableau d'analyse de la région Bourgogne-Franche-Comté
On remarquera que le taux de fréquentation de l’hôpital a très nettement diminué pour passer en dessous des 20%.
A contrario, on constate une forte hausse du taux de soins effectués par les généralistes qui passe de 39,1% à 64,4%.
Les personnes vivant avec un handicap ont persisté dans leur recherche de soins après refus, en effet ce taux passe de 5,8% avant confinement à 11,5% durant le confinement.

Région Bretagne.

Tableau d'analyse de la région Bretagne
On notera que le taux de personnes ayant pu effectuer leur(s) soin(s) est resté stable à un niveau élevé (67%). Si le taux de fréquentation de l’hôpital a diminué de 40,2% à 23,5%, on constate que les généralistes, a contrario, ont vu leur activité augmenter de 37% à 61,7%.

Région Normandie.

Tableau d'analyse de la région Normandie
La baisse de la fréquentation de l’hôpital est significative (de 38,5% à 17,1%), avec en miroir une augmentation du taux de soins effectués chez le généraliste. Il est à souligner que durant le confinement, le pourcentage de personnes ayant pu effectuer leur(s) soins est resté stable aux alentours de 65%.

Région Île-de-France.

Tableau d'analyse de la région Île-de-France

On constate une baisse du taux de fréquentation des établissements hospitaliers durant le confinement (de 65,7 % à 34 %).
Le déplacement des soins s’est effectué vers les généralistes dont le taux de soins effectués a augmenté et est passé de 21,7 % à 55,2 %.

Région Occitanie.

Tableau d'analyse de la région Occitanie
L’analyse réalisée sur la région de l’Occitanie fait ressortir un taux de soins effectués chez le généraliste en hausse de 32,1% à 52,1% depuis le confinement.
Le taux de personnes soignées avant la crise sanitaire était relativement bas malgré les efforts des généralistes.
Le pourcentage des personnes vivant avec un handicap n’ayant pu effectuer leurs soins connaît une hausse sensible.

Nota bene.

Étant donné que le nombre de répondants au questionnaire Handifaction a été trop faible durant la période de confinement pour les régions Centre Val de Loire, Hauts de France, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur, il n’a pas été possible de réaliser des analyses étayées.
Nous vous présentons les 4 tableaux de ces régions sans remarque de notre part.
Tableau d'analyse des autres régions

Département du Calvados.

Tableau d'analyse du département Calvados
Le département du Calvados a vu son taux de fréquentation de l’hôpital baisser considérablement (de 23,7 % à 11,8 %).
Les personnes vivant avec un handicap se sont orientées davantage vers les généralistes. En effet, le taux de soins effectués par le généraliste est passé de 45,8 % à 61 %.
Il est à souligner que département du Calvados a réussi à maintenir un accès aux soins élevé (77,3 %) en direction des personnes vivant avec un handicap malgré la crise sanitaire.

Département de la Marne.

Tableau d'analyse du département Marne
Le département de la Marne, malgré la crise sanitaire a su maintenir à un niveau élevé (86,8%) son accès aux soins à destination des personnes vivant avec un handicap.
On constate que le taux de fréquentation de l’hôpital dans le département de la Marne est resté stable avec en miroir une augmentation des soins effectués chez les généralistes.
Si l’accès aux soins est resté élevé, on remarquera un fléchissement concernant l’acceptation de l’accompagnement mais aussi dans le taux de réponses obtenues aux questions posées.

Département du Morbihan.

Tableau d'analyse du département Morbihan
On remarquera que le niveau d’accès aux soins dans le département du Morbihan s’est maintenu à un niveau élevé (82,7 %) malgré une diminution du taux de fréquentation de l’hôpital qui est passé de 36,2 % à 21,4 %.
Les personnes vivant avec un handicap se sont orientées vers les généralistes, dont le taux de soins effectués est passé de 39 % à 63,8 %.
La qualité des soins a augmenté, notamment au niveau de la prise en charge de la douleur avec un taux qui est passé de 54,2 % à 61,9 % durant le confinement.

Paris.

Tableau d'analyse du département Paris
Il est à noter durant le confinement, une chute importante du taux de fréquentation de l’hôpital (de 64,3 % à 28,4 %) avec en miroir une augmentation importante de l’activité de soins chez généralistes (de 22,4 % à 64,2 %).
Les personnes vivant avec un handicap ont persisté dans leur recherche de soins après refus, en effet ce taux passe de 5,2 % avant confinement à 10,1 % durant le confinement.

Conclusion.

La période de confinement n’a pas été bonne pour l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap, mais il ne faut pas se décourager.
Nous pouvons voir notamment à travers les résultats de trois départements que la sensibilisation et la formation des soignants au handicap est essentielle, car elle permet même lorsque la période est difficile de faire face à la demande de soins des personnes vivant avec un handicap. Cela devrait nous encourager à mettre en place des formations et des sensibilisations au handicap dans toutes les universités françaises.

Pascal Jacob
Président de Handidactique

Les acquis de l’accès aux soins durant la période de confinement.

Préambule.

Même si la situation reste difficile pour nous tous, ce moment de confinement et de lutte contre la maladie a fondamentalement changé nos habitudes de vie. Le prolongement du confinement cristallise une solitude et un éloignement des autres qui nous oblige à être beaucoup plus autonome. Ce n’est plus le rythme de mes obligations, de mon travail, de ma relation avec les autres qui définit ce que je dois faire. Nous devenons de plus en plus indépendants les uns des autres pour organiser notre vie, seul et en société, et nous devons trouver en nous l’énergie de continuer à agir, de continuer à construire une société juste et fraternelle.
Charles 30 ans atteint d’une infirmité moteur cérébral me disait : « Au début du confinement j’ai été assailli d’ordre et de contre ordre qui m’a rendu complètement dépendant de ceux qui m’ont pris en charge, car ils décidaient presque tout pour moi, et j’ai mis un peu de temps à comprendre qu’il fallait que je me prenne en charge moi-même en étant moi aussi capable d’assumé les contraintes du confinement, car je voulais retrouver mes libertés d’avant. Cela m’a imposé d’être plus autonome que jamais parce que je décidais ce que je voulais faire. Si je ne décidais pas moi-même je devenais comme un enfant qui obéi. Alors j’ai été obligé de réagir et pour cela il m’a fallu gérer mes besoins de soins, mes besoins d’accompagnement. Je ne suis plus pris en charge par les autres mais je suis devenu accompagné pour faire ce que je voulais. »
Nathalie qui vit avec de nombreuse difficultés intellectuelles et cognitive me dit : « j’ai beaucoup appris depuis ce confinement à me débrouiller toute seule à la maison et j’ai mieux pris la mesure de mes besoins d’accompagnement qu’il fallait que j’organise moi-même. »
Tous ces changements n’ont pas été que des difficultés supplémentaires, mais une occasion de conquête de nouvelles autonomies et de liberté.
L’accès aux soins pendant la période de confinement est aussi devenu plus difficile et il a fallu se débrouiller souvent tout seul pour ce faire soigner lorsque c’était indispensable, trouver des soignants disponibles et organiser ses soins avec de nouvelles aides, avec de nouveaux accompagnements.
Ce temps de vie est devenu une opportunité de faire évoluer les nouvelles pratiques de soin et de prendre soin, vers des progrès reconnus pas tous.
De nombreux soignants ont réussi à répondre aux attentes des personnes vivant avec un handicap malgré les contraintes.
Nous vous proposons dans cette note de constater de nombreux progrès pour l’accès aux soins qui devraient être des acquis qu’il ne faudra pas perdre après le confinement.  Jérémy nous dit : « Si je veux vraiment me faire soigner parce que je ne peux pas faire autrement, on peut réussir si tout le monde s’adapte les uns aux autres. »
Cette note sera composée de deux parties :

  • Dans une première partie, présentation de tableaux qui mettent en interface les besoins des personnes vivant avec un handicap et les progrès des différents acteurs de soin et leur organisation.
  • Dans une seconde partie, présentation de tableaux reprenant les données d’Handifaction qui confirment les progrès constatés.

Un parcours de soin éclairé.

Dans les lieux de vie ordinaires Un recours à l’HAD en augmentation
Dans le médico-social (ESMS), avec hébergement Diminution des soins réalisés à l’hôpital pour les personnes vivant avec un handicap
La pluridisciplinarité des intervenants a amené une légère augmentation des soins dans les ESMS
Meilleure utilisation de l’HAD en ESMS
A l’hôpital Les personnes vivant avec un handicap ont moins sollicité le système hospitalier pour leurs soins.
Les services d’urgences sont restés ouverts aux personnes handicapées pour des soins liés au coronavirus.
En médecine de ville généraliste Le fait d’avoir un médecin référent a permis d’éclairer le parcours de soin :
- Moins de refus de soins
- Augmentation des Soins effectués
- Baisse importante des abandons des soins
- Plus grande disponibilité des médecins généralistes
- Moins d’appels au 15 ou 114

Une médecine de proximité (un aller vers).

Dans les lieux de vie ordinaires Activité des généralistes à domicile en augmentation.
Pratique en hausse de la télémédecine pour les personnes vivant à domicile en famille.
Dans le médico-social (ESMS), avec hébergement A la demande du médecin de l’établissement , utilisation de la télémédecine pour une consultation d’un spécialiste.
A l’hôpital L’hôpital a été moins fréquenté pour des soins non urgents.
Le service des urgences s’est déplacé à domicile (urgence mobile).
Les services du 15 et du 114 ont utilisé les moyens de télémédecine pour les personnes vivant avec un handicap.
Dans certains plateaux techniques du 15 présence d’un médecin aguerri aux relations avec les personnes handicapées.
En médecine de ville spécialiste La télémédecine a été pratiquée en faveur des personnes vivant avec un handicap.
En médecine de ville généraliste Un effort de proximité a été réalisé grâce à la télémédecine dont l’activité a été multipliée par 15.
Les généralistes ont démontré une disponibilité pour les soins à domicile.
L’activité de l’HAD a augmenté pour les personnes vivant avec un handicap sous l’égide du médecin traitant généraliste

Une meilleure prévention.

A l’hôpital Compte tenu des symptômes du coronavirus, les soignant ont été plus attentifs dans l’analyse clinique et à la prise en charge de la douleur.
En médecine de ville spécialiste Acceptation des personnes vivant avec un handicap plus lourd (progression des soins aux multi-handicap).
En médecine de ville généraliste Une meilleure coordination et une meilleure continuité des soins, selon les besoins réels de la personne.
La présence d’un médecin référent à fait sortir la personne vivant avec un handicap d’une logique de soins en urgence.
Trois fois plus d’inscrits au DMP, si les personnes vivant avec un handicap ont un médecin référent.

Un meilleur accompagnement.

Dans les lieux de vie ordinaires Augmentation de l’accompagnement de proximité (voisin, ami, famille)
Dans le médico-social (ESMS), avec hébergement Meilleure acceptation des accompagnants au sein des ESMS
En médecine de ville spécialiste Les médecins spécialistes ont davantage accepté les accompagnants
En médecine de ville généraliste Prise en compte de la globalité de la personne.
L’accompagnement accepté et reconnu indispensable pour la télémédecine.
Bonne acceptation de l’accompagnement en médecine de ville et par le médecin référent.
L’entourage proche a été présent dans l’accompagnement et l’aide.

Une meilleure qualité des soins.

A l’hôpital Durant le confinement, le temps d’attente aux urgences a été réduit.
Les personnes vivant avec un handicap ont exprimé une meilleure satisfaction des soins.
Le covid-19 et ses nouveaux symptômes ont poussé les soignants dans une meilleure écoute pour établir un diagnostic.
En médecine de ville spécialiste L’écoute par les spécialistes a été de meilleure qualité pendant le confinement.
En médecine de ville généraliste Une meilleure prise en charge de la douleur.
Une meilleure écoute réalisée par les généralistes.
Les personnes vivant avec un handicap ont exprimé une meilleure satisfaction des soins.
Le médecin généraliste a utilisé les compétences et l’aide des familiers des personnes vivant avec un handicap.

Hôpital.

Tableau d'analyse des soins à l'hôpital

Médecine de ville généraliste.

Tableau d'analyse des soins chez le médecin généralistes

Médecine de ville spécialiste.

Tableau d'analyse des soins chez le médecin spécialiste

Établissements sociaux et médico-sociaux.

Tableau d'analyse des soins dans les établissements médico-sociaux

Lieux de vie ordinaires.

Tableau d'analyse des soins dans les lieux de vie ordinaires

Conclusion.

Pendant le confinement, nous avons été tous témoins de l’engagement des professionnels du soin et de l’accompagnement, qui ont réussi individuellement et collectivement à soigner les personnes atteintes du Covid-19.
Cette crise a demandé beaucoup d’effort de la part des soignants et des accompagnants pour accomplir leur mission.
Elle a rendu encore plus difficile l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap, et a obligé tout le monde à s’adapter pour mieux répondre aux attentes des personnes qui ont eu régulièrement besoin de soin et d’accompagnement.
Les nombreuses difficultés ne doivent pas cacher les progrès sensibles du soin et du prendre soin apportés aux personnes vivant avec un handicap. Ces progrès ont été reconnus à travers les nombreux répondants au questionnaire Handifaction.
Ces progrès, conjugués aux difficultés, ont obligé beaucoup de personnes vivant avec un handicap à être plus autonomes.
C’est un des grands enseignements de cette crise qui nous a obligé à travailler autrement, en reconnaissant l’expertise et l’expérience des plus fragiles comme une aide essentielle à la réussite du soin et de l’accompagnement.

Pascal Jacob
Président de Handidactique